Dom Garcie de Navarre ou Le Prince Jaloux
Exclusive video :
L'unique Tragédie de Molière renaît de ses cendres. Trois siècles et demi après la dernière représentation par Molière lui même dans le rôle du Prince de Navarre.
Mise en scène : Olivier Bruaux
Emile Azzi (Dom Garcie de Navarre)
Alice May / Alicia Roda (Done Elvire)
Isabelle Miller (Elise) Anne Lemoël / Caroline Marti (Done Ignès)
Thierry Wurtz (Dom Sylve / Dom Alphonse) Romain Jouffroy (Dom Lope)
Simon Doniol-Valcroze / Olivier Bruaux / Louis Donval (Dom Alvare)
Dom Garcie de Navarre est la seule tragédie de Molière, oeuf de hasard éclos en dehors du nid mais dans laquelle s'exprime déjà tout le génie de l'auteur...
Tentative malheureuse elle n'eut auncun succès. Jouée au Palais Royal le 4 février 1661, elle dut, après sept pauvres représentations quitter l'affiche et ce fut en vain que Molière la reprit deux ans plus tard, les soirées des 4 et 6 novembre 1663 amènerent sont enterrement définitif avant sa résurrection au Théâtre du Nord Ouest en 2008. Les contemporains furent-ils injustes et entendirent-ils par ce verdict condamner Molière à ne pas sortir de la farce, où il avait réussi ? il est difficile de le prétendre puisque cinq ans plutard il applaudirent le Misanthrope...
Exilé, trahi, sans Théâtre, assujetti aux rivalités et aux tentatives d'accaparement de ses comédiens par la troupe rivale de l'Hotel de Bourgogne où Jean Racine règne en maître de la tragédie lorsque le Roi lui offre le Palais Royal, Molière veut prouver à tout le monde qu'il n'a rien a envier à Racine ni à l'Hôtel de Bourgogne et veut s'essayer au genre sérieux... Molière sans se rébuter de ses insuccès dans la tragédie, jouait le rôle de Dom Garcie. Il est infiniment probable qu'ici l'acteur desservit l'auteur et sera l'échec personnel du comédien Molière que son public ne voulait voir qu'en comique. On n'admettait déjà guère au dix-septième siècle qu'un artiste particulièrement doué pour les rôles comiques et de ce comique à grimaces et à contorsions pût assumer avec égal bonheur les rôles tragiques. Le public le fit bien voir à Molière. Madeleine Béjart jouait Don Elvire et l'on peux se demander si le choix était plus heureux, La Du Parc si éclatante de beauté n'était qu'une fort médiocre actrice, malheureusement l'expérience ne vient guère sans l'âge et une comédienne de quarente-trois ans paraissait vieille...
Mais Molière n'acceptera jamais l'échec de Dom Garcie de Navarre en qui il continuera de croire malgrès l'opinion publique et pour prouver cela comme tout les hommes de vrai talent, il sut tirer parti de son échec même... puisqu'il trouva bientôt dans le Misanthrope la formule de la comédie haute et grave qu'il cherchait et le meilleur de Dom Garcie passa dans le Misanthrope...La jalousie d'Alceste c'est en effet la jalousie du Prince de Navarre. Il retranscira ainsi plus de 150 vers de cette pièce unique dans le Misanthrope, Amphitryon où encore le Tartuffe.
Ainsi Dom Garcie de Navarre est et restera une oeuvre quintescence et cruciale sur son chemin et dans ce que deviendra son oeuvre. Emile Azzi incarnant ainsi plus de 3 siècles plus tard et avec un grand succès le rôle hanté du Prince de Navarre qui renaît ainsi de ses cendres et trouve la lumière que Molière de son vivant lui attribuait envers et contre tous...
En ces temps guerre contre le tyran Mauregat, la belle Elvire subit les assauts de Dom Garcie, amoureux perclus de maux d'amour, en proie aux tourments de la jalousie. Dom Garcie de Navarre prend tout son sens aujourd'hui avec ses élans héroïque, amoureux, libertaires, suicidaires et politiques.
http://www.billetreduc.com/23023/evt.htm
Rodogune
Princesse des Parthes
( 1644 )
Tragédie de Pierre Corneille (1606-1684)
Video exclusive : http://www.youtube.com/watch?v=n_SUt0GSjNs
Mise en scène : Hervé Charton assisté de Flora Champy
Avec
Emile Azzi (Antiochus)
Alexandre Galiacy / Marc Douguet (Séleucus)
Sandra Leclercq (Rodogune)
Julie Roux / Noémie N'Diaye-Reltgen (Cléopatre)
Irène Favier (Laonice)
Rémy Reber (Oronte)
Matthieu Protin / Romain Zamour (Timagène)
"Les acteurs y déclament avec plus de gravité qu'au Français" Le Monde du 06/06/2010
Tragédie implexe et double jeu. Héroïsme du mal contre l'indissolubilité du lien entre les deux frères. Leur gémellité reste, dans une pièce entièrement noir, comme la seule lumière.
Noir c'est noir. Et la tragédie poussée à ses limites extrêmes, a ceci de terrible qu'elle laisse le spectateur dans les ténèbres épaisses de l'horreur et de la désespérance. Là est la véritable violence, à laquelle répugne la scène française, polie par des siècles de conventions et de goûts, et régie, sous la grande forme classique, par des normes de bienséances qui excluent tout débordement. D'où cette idée reçue que, même dans son expression la plus pure, le théâtre tragique garde en France une forme de retenue et qu'il n'atteint jamais à cet absolu de la violence qu'on trouve, au plus haut degré dans la tragédie antique ou dans le drame shakespearien.
Le jugement est fondé, mais y souscrire sans réserve revient sans doute à aller un peu vite. Si l'on veut se persuader du contraire, il suffit de lire Rodogune. Stendhal, qui avait l'œil expert, jugeait même que le dernier acte de la pièce de Corneille surpasse ce que l'on trouve de mieux dans tout Shakespeare lui-même ! C'est dire... Il est vrai, pour autant, que lorsqu'on cherche à illustrer le fameux héroïsme cornélien, ce n'est pas de ce côté-là qu'on va voir, la réception de la pièce, longtemps appréciée avant d'être rejetée dans les oubliettes de la mémoire collective, tout autant que l'absence de place qui lui ai faite dans le panthéon scolaire des grandes tragédies cornéliennes n'ont pas contribué à lui donner une position marginale dans l'œuvre.
Corneille lui même en était conscient, et qui dans l'examen qu'il fait de la pièce en 1660, ne craint pas de marquer sa prédilection pour elle, en sachant qu'il va à l'encontre du jugement courant : « On m'a souvent fait une question à la cour écrit-il : quel était celui de mes poèmes que j'estimais le plus ; et j'ai trouvé tous ceux qui me l'ont faite, si prévenus en faveur de Cinna, ou du Cid, que je n'ai jamais osé déclarer toute la tendresse que j'ai toujours eu pour celui-ci, à qui j'aurais volontiers donné mon suffrage, si je n'avais craint de manquer en quelque sorte au respect que je devais à ceux que je voyais pencher d'un autre côté » Même s'il n'est pas toujours recommandé d'être à la fois juge et partie, la préférence que manifeste le dramaturge pour Rodogune, qu'il place au-dessus même des pièces qui ont fait sa gloire, mérite d'être prise en compte. Elle est celle de ses pièces qui répond le mieux à son goût propre et qui, comme il le dit lui « lui semble être un peu plus à (lui) que celles qui l'ont précédée, à cause des incidents surprenants qui sont purement de son invention et n'avaient jamais été vus au théâtre ! celle donc qui est, à ses yeux , la plus purement « cornélienne », est Rodogune...
Jean Serroy
http://www.billetreduc.com/51157/evt.htm
